Mathieu Farcy

(english below)

Méduse, sœur gorgone au cheveux de serpents, avait un visage si terrifiant qu’elle pétrifiait quiconque la voyait. Condamnée à la solitude, elle ne pouvait ni être vue, ni voir l’Autre. Persée dut, pour la tuer, la regarder à travers le reflet de son bouclier, déjouant ainsi son pouvoir de sidération.

Méduse est un projet de documentaire interrogeant le lien entre visage et identité, notamment dans la frange incarnée par les personnes défigurées.

Si autrui est visage, y’a t-il de l’altérité sans visage ? Le regard échangé avec une personne défigurée permet-il encore sa rencontre ? Comment exister sans ce qui semble être, de nos jours, une condition à la socialisation, à l’humanité ? Comment être intégré lorsque l’on est dévisagé, alors que l’on s’identifie de plus en plus à l’apparence ? Comment se reconstruire une identité après une telle perte, quelles stratégies permettent un retour à un soi convenable ?

Ce projet s’inscrit dans une volonté de co-création avec des personnes défigurées, dans le désir de créer un espace d’expression et d’élaboration.

Les perceptions des participant.e.s au quotidien, leur vécu, leurs limites, leurs stratégies, leur humour, leur relation aux autres, à l’extérieur, à la beauté et à la norme sont notre fil d’Ariane. Méduse est du côté du temps partagé et de la création d’images dans les modifications du quotidien que créént une défiguration.

Les œuvres auxquelles nous donnons naissance sont créées ensemble, résultant de nos échanges.

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Medusa, sister gorgon with snake-hair, had such a terrifying face that she turned anyone who looked at her into stone. To kill her, Perseus had to look at her in the reflection of his shield, outwitting her stupefying power.

Medusa is a documentary project that questions the link between face and identity, in the particular fringe embodied by disfigured people.

If the other is face, is there otherness when there is no face? When we exchange looks with a disfigured person, can we still interact with her/him? How can one exist without what nowadays seems to be a condition to socialization, to humanity? How can one fit in when being stared at, when identity and looks are more and more intertwined? How can one rebuild their identity after such a loss, what strategies can be used to go back to a decent self?

The Medusa project, like Perseus, tries to use reflections as it navigates between different means of expression, summoning real life or fictional elements, staging, unexpectedness and allegories. These “sidesteps” are a way to shed different lights on the questions raised, by shifting from frontal violence which, according to me, stupefies the mind.

This project’s main approach is to try and work hand-in-hand with disfigured people so as to create a space in which they can express their feelings.

The daily perceptions of the participants, their history, their limits, their strategies, their humour, their relationship with others, to the outside, to beauty and its standards will be our Ariadne’s thread. This work will be the result of our time together and will draw on the pictures created in the gaps caused by disfigurement in everyday life.

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trois extraits / three extracts

Philippe est une conversation photographique  - Philippe is a photographic conversation.

Samia et moi-même présentons les prémices de nos recherches communes. Samia presents the beggining of our common reshearches.

Chers à canons est une proposition de réparation des gueules cassées. Chers à canon is a proposal for a rehabilitation of the WW1 disfigured soldiers.

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